Peut-on changer l’autre ?

Ecrit par Sandrine Divorce Coach

Thérapeute en thérapie Brève Systémique et Stratégique, en thérapie conjugale et Coach PNL. Sandrine est experte pour accompagner toutes celles et ceux qui veulent être HEUREUX après un divorce.

22/09/2018

Temps de lecture : 3 min

Les premiers mois d’une histoire d’amour, on voit tout en rose : les petites manies de l’autre nous émerveillent et sont sources de bonheur. Puis, quand on emménage ensemble, ces particularités se transforment en défauts. Ce qui nous plaisait devient pesant, énervant, agaçant… et le rose tourne au gris. La solution, pour continuer à aimer, serait-elle d’essayer de changer l’autre ?

La fin de la lune de miel

L’amour est un philtre très puissant. Quand on rencontre quelqu’un qui nous plait et à qui on plait, il n’y a aucun nuage à l’horizon. Si on trouve tout magnifique, c’est grâce aux hormones de l’amour, la dopamine et l’ocytocine notamment, qui favorisent le développement du sentiment amoureux. Ces hormones nous « aveuglent »… tout simplement pour nous permettre de tomber amoureux ! C’est à cause d’elles qu’on ne remarque pas immédiatement les défauts de l’être aimé ; parfois même, ce sont eux qui nous attirent. À cela, il faut ajouter le fait que, quand on entame une histoire d’amour, on se montre souvent sous son meilleur jour. Mais, avec le temps, on se relâche et on se révèle tel qu’on est… avec tous nos défauts.

Pourquoi les petits défauts de l’autre nous agacent-ils tant ?

Quand le quotidien à deux s’installe, les choses se gâtent. On remarque les chaussettes qui trainent par terre, les heures passées derrière l’ordinateur sans dire un mot, les plats sales dans l’évier, la susceptibilité, l’égoïsme, la paresse… Les plus petites manies deviennent d’immenses défauts, qui nous hérissent et entraînent une litanie de réflexions, de reproches et de disputes. Si les défauts de l’autre nous exaspèrent, c’est parce que l’être aimé est en partie un miroir de ce que l’on est. Au début, l’image qu’il nous renvoie est positive et aimante. Mais, quand le miroir se fendille, le regard devient critique ; on a envie de s’en prendre à l’autre, et de le changer. C’est un immense paradoxe : « Je t’aime pour ce que tu es, mais j’ai envie que tu changes ».

Changer l’autre, c’est parfois possible, si on s’y prend bien

Le changement n’est pas forcément une mission impossible. Nous ne sommes pas des êtres immuables, nous sommes capables de changer. Mais pour cela, il faut faire preuve de bienveillance : parler de ce qui nous gêne avec respect, et être patient. Il faut surtout changer de dynamique, pour s’inscrire dans le dialogue et non plus dans la critique. Et, bien entendu, la patience est de rigueur : un partenaire qui néglige les tâches ménagères ne fera pas du jour au lendemain la vaisselle après chaque repas. Mais quand il s’y met, il ne faut surtout pas le décourager !

amour toujours

De l’exaspération à l’introspection

Pour sortir de la dynamique malsaine du « Je t’aime, mais ce que tu fais m’insupporte », on doit relativiser les petites divergences. Il faut se souvenir, avant tout, que si on est tombé amoureux de l’autre, c’est justement parce qu’il est différent de nous. La thérapie, individuelle ou de couple, est une des solutions qui permettent d’entamer la réflexion. Elle aide à comprendre le poids que l’on fait peser sur l’autre en lui faisant reproche sur reproche. Cette culpabilité n’améliore pas la situation, bien au contraire ; par la thérapie, on peut remettre un peu d’équilibre dans le couple, en faisant comprendre aux deux personnes qu’elles doivent évoluer ensemble. Qu’on opte ou non pour cette solution, il peut être bon de se livrer à un petit exercice, je l’ai souvent proposé lors de consultations dans le cadre d’une thérapie conjugale : pendant une semaine, regardez l’autre comme si vous ne le (ou la) connaissiez pas, pour vous « laver le regard » et faire naitre des possibilités de changement… des deux côtés !

Se changer, soi-même

Avant de changer l’autre, il faut donc réfléchir sur soi, et tenter de comprendre pourquoi de petits détails, qui paraissent anodins au départ, deviennent de tels obstacles à la relation. C’est un véritable travail de « décryptage » : une femme qui ne supporte pas le désordre de son compagnon peut avoir souffert, pendant son enfance, d’une famille intrusive, et a donc peur d’être étouffée par l’autre. Elle doit arriver à comprendre que les vêtements qui trainent par terre et les papiers éparpillés sur le bureau sont simplement une manifestation de la négligence de l’autre, et non une volonté de lui voler de l’espace. Par le dialogue, chacun peut progresser : si l’un fait des efforts, l’autre cessera de voir le désordre comme une menace. Dans un autre registre, il ne faut pas se désoler ne pas partager une passion pour la littérature avec un compagnon qui ne jure que par le foot et les jeux vidéo. Ce n’est pas si grave que ça : on parlera du dernier best-seller avec une amie. Notre partenaire n’est pas là pour satisfaire tous nos désirs. Le couple, ce n’est pas juste « moi » et « toi », c’est avant tout « nous » : ce n’est qu’en remettant le « nous » dans l’équation qu’on peut avancer, et évoluer à deux.

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